



Hypothèse de restitution du projet perdu : application du plan giratoire au donjon actuel. (avec suppression d’une lucarne tardive et ajout des portes triples décrites par l’ambassadeur du Portugal vers 1541). Réalisation www.axyz-images.com, pour le Programme archéologique de Chambord.
Le plan giratoire : l'ombre de Léonard de
Vinci
Désormais, l’hypothèse du plan giratoire n’apparaît plus comme une plaisante
élucubration d’architecte. Au contraire, son mouvement hélicoïdal
caractérise le programme d’exécution originel de Chambord, dont les contours
se sont considérablement précisés. En effet, s’ajoutant à l’étude des
mortiers et à l’étude de bâti, les résultats des prospections géophysiques
ont concouru à une « triangulation » des méthodes, qui a permis de dépasser
les spécificités disciplinaires, et de livrer enfin une vision claire du
projet abandonné de 1519.
Etude pour un escalier à quatre
volées, Léonard de Vinci,
(Institut de france, Ms B, fol. 47v°)
Axonométrie du donjon selon l’hypothèse giratoire, incluant le projet d’escalier à quadruples révolutions. (dessin d’Eric Johannot)
Reconstitution du "projet
perdu" de 1519 réalisée par Axyz-images, séquence vidéo au format wmv.
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Dessin par Andréa Palladio d'un escalier à quadruples révolutions localisé à
"Sciambur ".
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Installé par le roi à Amboise, Léonard de Vinci travaille pour François 1er à partir de 1516 au manoir du Cloux, où l’artiste s’éteint en mai 1519, quelques mois avant la nomination des responsables du chantier de Chambord. L’acte de décès le décrit comme le premier peintre, ingénieur et « architecteur » du roi. Il bénéficie à ce titre d’une rente annuelle, indépendante de la nature de son travail. Aussi, il est normal que la poignée d’archives disponibles – essentiellement composée de rôles de salaires et de registres de comptes plus tardifs - demeure muette sur le rôle éventuel de Léonard dans la gestation de Chambord.
Il est intéressant de noter que l’hypothèse du plan giratoire voit le jour en pleine vogue vincienne. Toutefois, c’est moins dans les dessins de l’architecte que dans les travaux de l’ingénieur que l’étrange plan rotatif trouve des résonances attendues : lorsque les pales du plan se mettent en mouvement, le château n’apparaît-il pas soudain - sous le regard d’un technicien - comme une construction organique et articulée, un puissant automate alimenté par la turbine de l’escalier et de son noyau central, comme une forme de transcription à l’architecture des principes dynamiques universels que Léonard étudie dans les domaines de l’hydraulique ou de l’aérologie ?
Dans l’œuvre de Léonard de Vinci, aucune création architecturale n’a dépassé le stade de l’esquisse et du projet sur papier. Si le dessein originel de Chambord devait s’avérer être de sa main, le palais de François 1er constituerait à la fois la seule oeuvre architecturale du vieux maître florentin et le dernier geste créatif de sa vie.