



Relevé de la voûte de la grande fosse de latrines, tour Nord
Un signe d’identité sur un pilastre de l'aile basse, coté cour.
Depuis lors, une étude complète
des marques s’impose néanmoins, notamment dans le cadre de la compréhension
des phases de construction, et avant que le temps ne fasse disparaître
d’avantage ces signes discrets du fragile épiderme des pierres. Cependant,
l’importance du volume de marques à traiter, ainsi que la surface
considérable de parements à étudier impose de procéder de manière
progressive, et de circonscrire le champ des recherches à une thématique,
une zone. A ce stade, un inventaire général des marques visibles a été
réalisé, et les signes de l'aile royale et des latrines on fait l'objet
d'études spécifiques. Mais il reste beaucoup à faire...
Les signes lapidaires de l'aile royale
Hormis le marquage des hauteurs d’assise, le donjon ne présente que très peu de signes lapidaires liés à cette première phase du chantier, contrairement aux ailes, aux offices bas et aux galeries. Plus que toute autre partie du château, l’aile royale est constellée de nombreux signes identitaires. Plus difficiles à observer en façade, ces marques sont bien visibles sur les parements d’un grand nombre de pièces, galeries et escaliers de l’aile. Elles ne dépassent guère quelques centimètres en longueur, et peuvent présenter un ductus précis ainsi que des formes complexes. La tendreté légendaire de la pierre de tuffeau, calcaire siliceux proche de la craie, provenant des rives du Cher, se prête aisément au tracé de formes courbes dont le pourcentage est, en effet, particulièrement élevé.
L’étude attentive de la répartition de ces marques a permis de préciser le phasage de la construction de l’aile, qui s’étale de 1539 environ à 1544. En outre, l’étude conjointe de ces marques, des chaînages et des joints a confirmé l’existence d’une belle « salle du roi » occupant la totalité de l’aile. La disposition des marques indique qu’elle était éclairée par cinq grandes baies, et on y accédait depuis la galerie par la grande porte actuelle, dont le linteau en arc présente quelques beaux signes d’identité, ainsi que la cheminée du « haut bout » devant laquelle était dressée la table du souverain.
D’autres familles de marques se retrouvent sur les murets portant les dalles des terrasses, d’autres encore parsèment les piliers de l’escalier central malgré l’usure du temps, ou ornent discrètement les voûtes à caissons du second étage.

L'étude des signes lapidaires
Dès sa nomination le 6 septembre 1519 au titre
de surintendant des travaux, François de Pontbriand se voit confier la
charge de «bailler la besogne, à la toise ou à la tâche, ou de toutes
autres manyères vous cognoitriez etre nécessaire».
En effet, les murs du château présentent un nombre imposant de signes variés : marques utilitaires, signes d’identité et graffiti en tous genres parsèment le tendre tuffeau des parements, et ont fait l’objet d’une première approche par Madeleine Van de Winckel, qui a déposé ses relevés préliminaires et ses brouillons originaux au Centre d’Études Supérieures de la Renaissance, où ils peuvent être consultés. Resté confidentiel, son travail se présente comme une ébauche d’étude, qui visait sans doute à attirer l’attention des universitaires sur l’intérêt d’un examen attentif et complet de ces marques dans le contexte particulier de Chambord. Cependant, l’ampleur de la tâche paraît avoir eu raison de la sagacité de l’auteur.

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